Vacances en Crimée
Natalie et Bruno
Les vacances 2005 en Crimée
Dimanche 7 août 2005
Après avoir dormi à Paris chez Brigitte et Yves, Yves me conduit à l’aéroport avec la voiture qu’il doit garder. Nous avons eu un peu d’inquiétude en arrivant au terminal 2B car je cherchais les comptoirs d’enregistrement mais il faut d’abord passer le contrôle des passeports dans ce terminal. Yves craignait que je rate l’avion. Dans la zone sous douane, j’ai trouvé les comptoirs d’embarquement mais il y avait une queue importante, du fait qu’ils enregistraient en même temps les destinations pour Kiev, Moscou et Belgrade. Finalement, tout s’est bien passé et je me suis retrouvé dans l’avion plus détendu.
Arrivé à Kiev, j’ai été agréablement surpris par l’organisation efficace, digne d’un aéroport international. Il y avait même des écrans plats avec euronews pour aider les voyageurs à patienter pour présenter les passeports. A la sortie, il y a beaucoup de gens qui font des offres de service (taxis, aide pour se retrouver, etc.) Je me suis débrouillé tout seul pour aller au terminal A qui est finalement tout proche (5 minutes à pied). Seul désagrément : une attente un peu longue comme prévu. A Kiev, le temps était légèrement brumeux, avec une température de 25°c.
Le vol pour Simferopol était un peu moins luxueux que sur Air-France mais très correct, avec une collation délicieuse. Durant le vol, il y a eu quelques turbulences. A l’arrivée, il commençait à faire nuit (vers 20 h 30).
C’est Natalie qui m’a trouvé la première. Elle m’a attrapé par la main pour m’enlever vers la voiture et le chauffeur qui nous attendaient. Elle ne voulait pas trop parler et m’a pris simplement les mains, jetant des regards vers moi de temps en temps. Il y avait de gros orages et la pluie s’est mise à tomber. Cela a duré tout le chemin (plus d’une heure). Sur la route, les règles de conduite sont assez spéciales et le port de la ceinture absent.
Finalement, nous sommes arrivés chez Natalie. L’immeuble est d’apparence « époque soviétique » mais son appartement est plutôt cossu et agréable. Elle avait préparé un repas presque trop copieux. J’ai juste mangé du Borsch délicieux préparé avec des légumes méditerranéens et des morceaux de viande qui m’ont semblé être du mouton. On a bu du thé et puis elle s’est approchée de moi et nous avons partagé de longs moments pleins de tendresse. Elle a beaucoup besoin de tendresse. En sommes, nous nous sommes ressentis d’emblée de vrais amis, de sensibilité très proches, déjà complices. On fera certainement une belle équipe.
Lundi 8 août
Après une matinée tranquille (Natalie est partie de bonne heure et est revenue vers 9h00 avec des courses, on a fait un petit déjeuner ukrainien (viande en sauce épicée avec une salade de légumes, poivrons, tomates, courgettes,… sauce à la crème).
Nous sommes partis en début d’après-midi par le minibus qu’il faut héler. C’est une sorte de taxi-minibus. On paye à la descente 1,50 grivnas par personne.
Donc, à l’arrivée en centre ville, on a flâné puis on a fait une promenade en bateau dans les darses du port (une ancienne chaloupe en tôle qui a été aménagée pour promener les touristes). On a ainsi passé en revue une bonne partie de la flotte russe de la mer noire, ainsi que de la flotte ukrainienne. Bateaux impressionnants et bien entretenus mais aussi bateaux bons pour la ferraille. On a visité les différentes darses en remarquant de nombreux monuments visibles sur les hauteurs. Beaucoup sont relatifs à la guerre de Crimée ou au siège des années 40.
Ensuite, nous avons marché le long des quais et dans les parcs voisins garnis d’étals proposant toutes sortes de pacotille. Nous sommes allés ensuite à la banque mais une panne informatique a empêché de récupérer l’argent. On est alors montés au parc historique qui surplombe le port. Il s’ouvre par un monument de la guerre de Crimée. Il y a aussi une sorte de musée et de nombreuses attractions pour les petits et les grands. Nous y sommes restés longtemps, assis sur un banc, a faire des leçons de français à l’aide du petit tableau blanc que j’avais apporté.
Il a fallu, en fin d’après midi se décider à rentrer malgré le temps doux rendu agréable par un fort vent de mer. On est donc repartis, puis nous avons repris le minibus dont la ligne passe devant la gare de Sébastopol où est présentée une énorme locomotive à vapeur soviétique.
De retour à l’appartement, Natalie s’est mise à la préparation du souper puis nous avons fini la soirée ensemble.
Mardi 9 août
Lever très matinal. Il faut partir pour la montagne ! Le petit déjeuner est un vrai repas avec viande farcie et salade de légumes en sauce. On se dépêche de prendre le petit autobus jusqu’à la place centrale. Là, on s’enregistre pour un de nombreux petits autobus qui font des excursions. Nous partons pour la montagne. Le guide expliquera tout sur le chemin : un vrai moulin à paroles qui n’a pas arrêté mais je ne comprenait quasiment rien sauf peut-être la présentation de sites de la guerre de Crimée et quelques autres choses intéressantes. On a pris la route de Yalta. Le paysage est magnifique. Cela ressemble à la Provence, en plus grandiose, et sans le béton. On peut comprendre pourquoi des émigrés russes s’étaient installés près de Nice. Le long du chemin, le guide nous indiquait les résidences de personnalités comme celle de Gorbatchev quand il était président de l’URSS.
Yalta est potentiellement une ville comme Nice ou Cannes. Il y a des villas en construction partout. Au-delà, à Alusha, nous nous sommes arrêtés dans un petit marché où il y avait des fruits et légumes magnifiques et toutes sortes de victuailles… ou de colifichets. Ensuite, nous sommes montés dans la montagne jusqu’à un petit village sans grand caractère et de style plutôt soviétique. Là, on est montés dans un camion comme des kolkosiens et partis sur un chemin poussiéreux. Ce sont les vieux camions soviétiques qui conduisent ainsi les touristes jusqu’à un parc naturel où il y a des sentiers balisés. Nous avons été jusqu’à une magnifique cascade sous laquelle on pouvait aller. Le long des sentiers, il y avait des étals où on pouvait – entre autres – goûter du muscat de Crimée. Délicieux, avec un petit goût de miel. On y trouvait aussi des fruits (raisin), des gâteaux, et de l’artisanat de bois.
L’étape suivante s’est faite sur une plage de galets gris où nous avons pique-niqué avec Natalie de sandwichs au salami. Très bon ! Il y avait des pédalos et quelques jet-skis.
Nous avons repris le bus puis à l’arrêt suivant, nous avons marché vers la montagne pour voir des curiosités géologiques qui ressemblent à des gnomes. On croit voir la silhouette de l’impératrice Catherine II. Il y a tout près les ruines d’une forteresse Tatar où des randonnées sur des petits chevaux sont organisées. Les poulains suivant les mères en gambadant.
Peu avant l’arrivée à Sebastopol, on a éclaté un pneu près d’Inkerman, à proximité de voies ferrées sur lesquelles une gardienne de vaches faisait brouter ses bêtes.
De retour à l’appartement de Natalie, nous avons pris notre souper : borsch comme le premier soir et salade de haricots et de maïs en sauce à salade.
Et nous avons consacré la soirée à des leçons de français.
Mercredi 10 août
Aujourd’hui, ce sera une grosse journée. D’abord, nous sommes passés à la banque pour récupérer l’argent viré. Manque de chance, il était presque midi et la banque fermait jusqu’à deux heures. Donc on en a profité pour faire un peu de lèche vitrines et visiter l’église proche, très belle. Les femmes doivent se couvrir la tête. Des fichus sont à leur disposition à l’entrée. Beaucoup de gens font leurs dévotions. Il est interdit de photographier à l’intérieur.
A deux heures, nous étions de retour à la banque. Un soi-disant problème informatique empêche la transaction. On a vu le sous-directeur qui semblait impuissant. Cela ressemble à la gestion de l’époque soviétique et ça ne donnera pas confiance à l’investissement. Finalement, j’ai retiré de l’argent à un distributeur automatique d’une autre banque. Au moins, là, c’est efficace.
Ensuite, nous sommes partis pour Chersonèse, les vestiges de la cité antique Grecque. On dit que ce serait le pendant de Pompeï.
En chemin, Natalie m’a fait goûter du Kvas [1]. Arrivés sur le site de Chersonèse qui attire beaucoup de monde, j’y ai découvert qu’elle avait été évangélisée par Saint André et quelle était le point de départ de l’évangélisation du royaume de Kiev puis de toute la Russie. On y voit de très belles mosaïques, des jarres imposantes et les vestiges d’une basilique antique et d’un baptistère. Il y a un amphithéâtre et les soubassements de nombreuses maisons. L’environnement de la baie est très beau. Il y a de petites criques où les gens viennent se baigner. Une partie de la ville serait sous les flots car leur niveau devait être moindre à l’époque.
Dommage que les gens laissent leurs ordures partout.
Sur le site, il y a une basilique rénovée dédiée à Saint André. Là aussi, à l’entrée sont fournis des fichus de tissus imprimé et des carrés de tissus imprimé faisant jupe pour les femmes trop peu vêtues : une idée à proposer aux sanctuaires en France. J’ai acheté une petite icône de Saint André, en mémoire de l’oncle André et de l’oncle Abbé. Ensuite, on a parcouru les vestiges e la cité de Chersonèse et passé un bon moment à bavarder, à l’écart sur une hauteur surplombant la mer, les criques et toute la baie de Sébastopol. C’est là qu’on s’est accordés sur les prénoms de Marie, d’André, d’Alexandre. Après, on a traversé la basilique antique puis nous sommes repartis en passant devant la cloche mémorial de la guerre de Crimée.
Puis nous avons regagné l’arrêt d’autobus où nous avons attendu longtemps car ils étaient tous pleins, pour nous rendre à la forteresse Malakhov. C’est devenu un beau parc avec de beau arbres. On a pris des photo de couples devant une vue de la baie puis on s’est fait photographier à notre tour. Il y a des batteries du siège de 1941 et des canons de celui de 1854 ainsi que la fameuse tour Malakhov qui fut prise d’assaut par les français. Dommage, encore une fois, que les gens laissent trainer les ordures tout autour d’un si beau parc.
Nous sommes rentrés à pied à l’appartement, ce qui représentait bien deux ou trois kilomètres. Ce fut une rude journée, mais très intéressante et très enrichissante pour nous deux.
J’oubliais qu’après s’être rafraîchis et changés, nous sommes allés en ville au restaurant où j’avais invité Natalie. Elle avait mis une très belle robe longue. Nous sommes donc arrivés au restaurant « Traktir » (le vieil homme) où Natalie connaissait le cuisinier. Après avoir fait la queue, nous avons fini par obtenir une table pour deux et nous avons mangé un plat de blinis délicieux et bu du muscat de Crimée (Mushkat). Le meilleur du monde ! Yves me l’avait dit avant de partir et j’ai pu vérifier que c’était vrai.
Après, nous nous sommes promenés en ville sur les bords de la rade, au milieu des fêtards. On est rentrés à l’appartement à la nuit qui tombe vite en Ukraine.
Jeudi 11 août
Le lever fut tardif. Après le petit déjeuner, toujours copieux (salade de légumes et viande farcie, thé ensuite), on est repartis pour quelques courses : la banque où on a finalement récupéré 200 euros, l’alliance française pour des renseignements, la mairie de quartier puis la mairie centrale sans y obtenir ce que nous souhaitions savoir. Alors, nous avons été au marché pour y faire des provisions. Au centre des nombreux étals, il y a un marché couvert, typique des pays de l’ex URSS, avec beaucoup de fruits et légumes, de charcuterie, de fromages et toutes sortes d’autres choses. On a acheté des poires, du raisin, du saucisson et du fromage.
De retour à l’appartement et après avoir aussi acheté une bouteille de muscat à la superette voisine, nous nous sommes reposés à la maison et fait un souper frugal avec de la pastèque au muscat. Dans la soirée, Natalie a fait du lavage et j’ai écrit la suite de ce journal.
Dans nos conversations, on a évoqué l’idée que notre rencontre avait quelque chose d’exceptionnellement romanesque et que cela pourrait faire le sujet d’un livre, ou d’un scénario de film. C’est une idée. J’ai commencé à y réfléchir et à la développer dans ma tête. On verra pour la suite.
Vendredi 12 août
Après un petit déjeuner sandwich saucisson accompagné de légumes râpés et de thé avec des fruits, particulièrement du raisin, nous sommes repartis en ville. Nous nous somme tout d’abord rendus à la mairie principale pour obtenir la liste des formalités pour un mariage. Puis nous sommes allés acheter des alliances et après une petite promenade, une visite du musée des beaux-arts où se trouvent quelques beaux tableaux, dont des peintres français du XVIII° siècle, on y a vu des sculptures microscopiques (de la taille d’un cheveu) visibles grâce à des sortes de microscopes. Il y avait par exemple une rangée de chameaux dans le chas d’une aiguille.
Ensuite, nous avons été visiter l’aquarium et nous sommes parti dans le quartier, près de Chersonèse, où habite Svetlana, la professeur de français de Natalie, avec qui nous avions rendez-vous. On a bien bavardé au sujet des opportunités en France et en Ukraine et on a sympathisé. Svetlana sera la bienvenue en France, à la maison, si l’occasion se présente.
Après avoir quitté Svetlana qui a un joli appartement typiquement slave, Natalie a téléphoné à sa fille pour qu’on se rencontre dans la soirée. Et puis, on a bu un verre de Kvas bienvenu car il faisait assez chaud et nous avons acheté des billets pour une excursion vers la propriété du comte Vorontzov, non loin de Yalta.
Alors nous avons repris un bus et après quelques courses au marché de Natalie, on est rentrés à l’appartement.
Olya devait venir vers 18 h 00. Natalie a préparé des frites aux oignons et divers plats. Cela pouvait paraître un peu trop copieux mais elle en avait prévu pour le petit déjeuner du lendemain.
Ce soir, j’ai mangé une poire délicieuse, particulièrement sucrée.
Olya est arrivée. C’est une jeune fille qui m’a semblé très épanouie et qui s’exprime plutôt bien en anglais. Elle était très intéressée par les brochures sur Caen et la région. On l’a reconduite ensuite à l’autobus. Le soir, il fait plus frais. C’est très agréable. Les gens se promènent volontiers en famille dans le quartier. On a donc fait comme eux.
Samedi 13 août
Lever 5 h 30, pour aller au rendez-vous de notre excursion à la résidence d’été du comte Vorontzov, non loin de Yalta. Finalement, on y arrivera une heure en avance et on s’est assis sur un banc en face de l’embarcadère de ferries qui traversent la rade. On y fera de savoureuses leçons de français coupées de parties de fou rire. Finalement, on embarque dans un grand bus à destination de la plus belle des excursions.
Première étape : le château de type anglais des indes du contes Vorontzov à Alupka. Il y a là un parc magnifique, un château exceptionnel et le cadre de la côte de la mer noire, fabuleux ! Ensuite, c’est le tour de Livadia, même cadre enchanteur. Visite de la résidence de la famille impériale et de la signature du traité de Yalta. On y trouve beaucoup de souvenirs de la famille de Nicolas II, des photos, du mobilier, des objets émouvants comme le tableau noir et les livres de lecture ou les cahiers d’écriture des enfants et particulièrement d’Alexis. Un livre de lecture en français, des dessins d’enfants, des porte-plume…
Troisième étape : Yalta où nous nous promenons librement sur le front de mer. C’est Cannes ou Nice au bord de la mer noire. On s’y sent presque comme dans un pays d’Europe occidentale. Il y avait une atmosphère de fête. un feu d’artifice était annoncé pour le soir. Un navire de la flotte ukrainienne, arborant son grand pavois, était ouvert à la visite. On trouvait beaucoup d’étals et d’attractions, par exemple la location de costumes XVIII° siècle pour se faire photographier dans des décors impériaux.
Nous sommes revenus à Sébastopol bien fatigués. Comme le bus passait juste devant l’immeuble de Natalie, il nous a laissés là. On est allés acheter du Muscat pour que j’en rapporte afin de le faire goûter à la famille ainsi que du champagne de Crimée pour conclure cette semaine inoubliable.
Dimanche 14 août
Les plus belles choses doivent avoir une fin. Le temps de la séparation approche. Il a fallu se lever à 3 h 30 et il faisait encore nuit. Pour la toilette, comme il y avait eu une coupure d’eau, il a fallu utiliser l’eau qui est toujours en réserve dans des faitouts pour se dépanner. De même pour le gaz. Un samovar électrique remplace la bouilloire pour chauffer de l’eau pour le thé.
A 4 h 30, notre chauffeur était ponctuellement au rendez-vous. C’était un vieux monsieur d’environ 70 ans qui devait être le père d’une amie de Natalie. La voiture, une Lada ou Jigouli un peu fatiguée. Comme à l’aller, la conduite est assez décontractée par rapport à nos règles de code de la route : pas de ceinture de sécurité, franchissement des bandes blanches, écarts brusques pour éviter des nids de poules… Pour le transport (aller-retour) j’ai donné 150 grivnas, ce qui est à peu près la même chose en francs et représente environ 20 euros pour 150 kilomètres.
Nous sommes arrivés dans les temps à l’aéroport où la séparation a été assez rapide. Je pense que Natalie ne tenait pas à prolonger ce moment et en plus, je suppose qu’elle ne voulait pas trop faire attendre notre chauffeur. On se retrouvera aussitôt que possible.
L’embarquement s’est fait sans problème dans un vieux Tupolev de South airlines, copie de la Caravelle avec des équipements spartiates fleurant bon les années 60. Toutefois, le vol a été parfait, même pas de turbulences, et ponctuel puisque l’avion était posé à 9 h 30 à Kiev. J’ai eu alors 5 h d’attente que j’ai occupées en partie à écrire ces lignes en dehors de l’aérogare, sous des arbres. La température de 23°c était agréable. Le ciel était toujours légèrement brumeux.
J’avais un pique-nique que Natalie m’avait préparé. Cela devait aussi m’occuper un peu mais je n’avais pas trop faim et j’en ai gardé la plus grand partie pour le cas ou j’aurais une petite faim dans le train en Fr et Natalie, comme toujours, m’en avait donné pour tout un régiment. J’ai trouvé ce temps de transit long.
Quand j’ai fait m’on enregistrement et que je suis passé dans la zone sous douanes, j’ai pu constater que les douaniers ukrainiens sont particulièrement stricts. J’ai été questionné pour savoir si j’avais beaucoup d’argent sur moi (une somme maximum est imposée). Le douanier paraissait sévère mais finalement, il a dû juger que je n’était pas un gros poisson et m’a laisser aller.
Arrivé à Paris, je savais que je n’avais pas beaucoup de temps pour attraper mon train à la gare Saint Lazare. J’ai donc pris un taxi qui ma coûté 42 euros mais qui m’a permis d’avoir mon train. Arrivé à Caen
Lundi 15 août
La recette du Kvas (квас)
Cette boisson russe très populaire que l’on vend dans des tonneaux métalliques à tous les carrefours en été possède des vertus rafraîchissantes et un petit goût aigrelet qui peut surprendre les palais français. On peut en trouver en bouteilles dans certains magasins, mais il est, malheureusement trop sucré.On peut le conserver assez longtemps au frais.
Pour une quantité de 8 litres :
Une miche de pain noir (de seigle) 60 gr de levure de boulanger ½ verre de sucre en poudreCoupez le pain en tranches fines et mettez-le au four très chaud. Plus le pain sera rôti à l’extérieur, plus le kvas sera foncé. S’il est trop cuit le kvas sera amer. Le pain doit rester tendre à l’intérieur pour donner un arôme agréable.Faites bouillir les 8 litres d’eau et mettez-y le pain et le sucre. Quand l’eau aura refroidi, ajoutez la levure et laissez fermenter.A la température de la maison le kvas sera prêt en 2-3 jours. Filtrez le liquide et versez-le dans des bouteilles en plastique. Sucrez à votre goût. Si les bouteilles sont laissées au chaud la fermentation se poursuivra et le kvas deviendra plus acide. Au réfrigérateur la fermentation est très ralentie et vous aurez une conservation de quelques jours.On peut ajouter dans chaque bouteille un peu de sucre et 4-5 grains de raisin sec.Soyez prudent en ouvrant les bouteilles sinon gare au jet !
[1] Boisson nationale très populaire en Ukraine et en Russie. Elle est faite à base de pain fermenté.
Les vacances 2005 en Crimée
Dimanche 7 août 2005
Après avoir dormi à Paris chez Brigitte et Yves, Yves me conduit à l’aéroport avec la voiture qu’il doit garder. Nous avons eu un peu d’inquiétude en arrivant au terminal 2B car je cherchais les comptoirs d’enregistrement mais il faut d’abord passer le contrôle des passeports dans ce terminal. Yves craignait que je rate l’avion. Dans la zone sous douane, j’ai trouvé les comptoirs d’embarquement mais il y avait une queue importante, du fait qu’ils enregistraient en même temps les destinations pour Kiev, Moscou et Belgrade. Finalement, tout s’est bien passé et je me suis retrouvé dans l’avion plus détendu.
Arrivé à Kiev, j’ai été agréablement surpris par l’organisation efficace, digne d’un aéroport international. Il y avait même des écrans plats avec euronews pour aider les voyageurs à patienter pour présenter les passeports. A la sortie, il y a beaucoup de gens qui font des offres de service (taxis, aide pour se retrouver, etc.) Je me suis débrouillé tout seul pour aller au terminal A qui est finalement tout proche (5 minutes à pied). Seul désagrément : une attente un peu longue comme prévu. A Kiev, le temps était légèrement brumeux, avec une température de 25°c.
Le vol pour Simferopol était un peu moins luxueux que sur Air-France mais très correct, avec une collation délicieuse. Durant le vol, il y a eu quelques turbulences. A l’arrivée, il commençait à faire nuit (vers 20 h 30).
C’est Natalie qui m’a trouvé la première. Elle m’a attrapé par la main pour m’enlever vers la voiture et le chauffeur qui nous attendaient. Elle ne voulait pas trop parler et m’a pris simplement les mains, jetant des regards vers moi de temps en temps. Il y avait de gros orages et la pluie s’est mise à tomber. Cela a duré tout le chemin (plus d’une heure). Sur la route, les règles de conduite sont assez spéciales et le port de la ceinture absent.
Finalement, nous sommes arrivés chez Natalie. L’immeuble est d’apparence « époque soviétique » mais son appartement est plutôt cossu et agréable. Elle avait préparé un repas presque trop copieux. J’ai juste mangé du Borsch délicieux préparé avec des légumes méditerranéens et des morceaux de viande qui m’ont semblé être du mouton. On a bu du thé et puis elle s’est approchée de moi et nous avons partagé de longs moments pleins de tendresse. Elle a beaucoup besoin de tendresse. En sommes, nous nous sommes ressentis d’emblée de vrais amis, de sensibilité très proches, déjà complices. On fera certainement une belle équipe.
Lundi 8 août
Après une matinée tranquille (Natalie est partie de bonne heure et est revenue vers 9h00 avec des courses, on a fait un petit déjeuner ukrainien (viande en sauce épicée avec une salade de légumes, poivrons, tomates, courgettes,… sauce à la crème).
Nous sommes partis en début d’après-midi par le minibus qu’il faut héler. C’est une sorte de taxi-minibus. On paye à la descente 1,50 grivnas par personne.
Donc, à l’arrivée en centre ville, on a flâné puis on a fait une promenade en bateau dans les darses du port (une ancienne chaloupe en tôle qui a été aménagée pour promener les touristes). On a ainsi passé en revue une bonne partie de la flotte russe de la mer noire, ainsi que de la flotte ukrainienne. Bateaux impressionnants et bien entretenus mais aussi bateaux bons pour la ferraille. On a visité les différentes darses en remarquant de nombreux monuments visibles sur les hauteurs. Beaucoup sont relatifs à la guerre de Crimée ou au siège des années 40.
Ensuite, nous avons marché le long des quais et dans les parcs voisins garnis d’étals proposant toutes sortes de pacotille. Nous sommes allés ensuite à la banque mais une panne informatique a empêché de récupérer l’argent. On est alors montés au parc historique qui surplombe le port. Il s’ouvre par un monument de la guerre de Crimée. Il y a aussi une sorte de musée et de nombreuses attractions pour les petits et les grands. Nous y sommes restés longtemps, assis sur un banc, a faire des leçons de français à l’aide du petit tableau blanc que j’avais apporté.
Il a fallu, en fin d’après midi se décider à rentrer malgré le temps doux rendu agréable par un fort vent de mer. On est donc repartis, puis nous avons repris le minibus dont la ligne passe devant la gare de Sébastopol où est présentée une énorme locomotive à vapeur soviétique.
De retour à l’appartement, Natalie s’est mise à la préparation du souper puis nous avons fini la soirée ensemble.
Mardi 9 août
Lever très matinal. Il faut partir pour la montagne ! Le petit déjeuner est un vrai repas avec viande farcie et salade de légumes en sauce. On se dépêche de prendre le petit autobus jusqu’à la place centrale. Là, on s’enregistre pour un de nombreux petits autobus qui font des excursions. Nous partons pour la montagne. Le guide expliquera tout sur le chemin : un vrai moulin à paroles qui n’a pas arrêté mais je ne comprenait quasiment rien sauf peut-être la présentation de sites de la guerre de Crimée et quelques autres choses intéressantes. On a pris la route de Yalta. Le paysage est magnifique. Cela ressemble à la Provence, en plus grandiose, et sans le béton. On peut comprendre pourquoi des émigrés russes s’étaient installés près de Nice. Le long du chemin, le guide nous indiquait les résidences de personnalités comme celle de Gorbatchev quand il était président de l’URSS.
Yalta est potentiellement une ville comme Nice ou Cannes. Il y a des villas en construction partout. Au-delà, à Alusha, nous nous sommes arrêtés dans un petit marché où il y avait des fruits et légumes magnifiques et toutes sortes de victuailles… ou de colifichets. Ensuite, nous sommes montés dans la montagne jusqu’à un petit village sans grand caractère et de style plutôt soviétique. Là, on est montés dans un camion comme des kolkosiens et partis sur un chemin poussiéreux. Ce sont les vieux camions soviétiques qui conduisent ainsi les touristes jusqu’à un parc naturel où il y a des sentiers balisés. Nous avons été jusqu’à une magnifique cascade sous laquelle on pouvait aller. Le long des sentiers, il y avait des étals où on pouvait – entre autres – goûter du muscat de Crimée. Délicieux, avec un petit goût de miel. On y trouvait aussi des fruits (raisin), des gâteaux, et de l’artisanat de bois.
L’étape suivante s’est faite sur une plage de galets gris où nous avons pique-niqué avec Natalie de sandwichs au salami. Très bon ! Il y avait des pédalos et quelques jet-skis.
Nous avons repris le bus puis à l’arrêt suivant, nous avons marché vers la montagne pour voir des curiosités géologiques qui ressemblent à des gnomes. On croit voir la silhouette de l’impératrice Catherine II. Il y a tout près les ruines d’une forteresse Tatar où des randonnées sur des petits chevaux sont organisées. Les poulains suivant les mères en gambadant.
Peu avant l’arrivée à Sebastopol, on a éclaté un pneu près d’Inkerman, à proximité de voies ferrées sur lesquelles une gardienne de vaches faisait brouter ses bêtes.
De retour à l’appartement de Natalie, nous avons pris notre souper : borsch comme le premier soir et salade de haricots et de maïs en sauce à salade.
Et nous avons consacré la soirée à des leçons de français.
Mercredi 10 août
Aujourd’hui, ce sera une grosse journée. D’abord, nous sommes passés à la banque pour récupérer l’argent viré. Manque de chance, il était presque midi et la banque fermait jusqu’à deux heures. Donc on en a profité pour faire un peu de lèche vitrines et visiter l’église proche, très belle. Les femmes doivent se couvrir la tête. Des fichus sont à leur disposition à l’entrée. Beaucoup de gens font leurs dévotions. Il est interdit de photographier à l’intérieur.
A deux heures, nous étions de retour à la banque. Un soi-disant problème informatique empêche la transaction. On a vu le sous-directeur qui semblait impuissant. Cela ressemble à la gestion de l’époque soviétique et ça ne donnera pas confiance à l’investissement. Finalement, j’ai retiré de l’argent à un distributeur automatique d’une autre banque. Au moins, là, c’est efficace.
Ensuite, nous sommes partis pour Chersonèse, les vestiges de la cité antique Grecque. On dit que ce serait le pendant de Pompeï.
En chemin, Natalie m’a fait goûter du Kvas [1]. Arrivés sur le site de Chersonèse qui attire beaucoup de monde, j’y ai découvert qu’elle avait été évangélisée par Saint André et quelle était le point de départ de l’évangélisation du royaume de Kiev puis de toute la Russie. On y voit de très belles mosaïques, des jarres imposantes et les vestiges d’une basilique antique et d’un baptistère. Il y a un amphithéâtre et les soubassements de nombreuses maisons. L’environnement de la baie est très beau. Il y a de petites criques où les gens viennent se baigner. Une partie de la ville serait sous les flots car leur niveau devait être moindre à l’époque.
Dommage que les gens laissent leurs ordures partout.
Sur le site, il y a une basilique rénovée dédiée à Saint André. Là aussi, à l’entrée sont fournis des fichus de tissus imprimé et des carrés de tissus imprimé faisant jupe pour les femmes trop peu vêtues : une idée à proposer aux sanctuaires en France. J’ai acheté une petite icône de Saint André, en mémoire de l’oncle André et de l’oncle Abbé. Ensuite, on a parcouru les vestiges e la cité de Chersonèse et passé un bon moment à bavarder, à l’écart sur une hauteur surplombant la mer, les criques et toute la baie de Sébastopol. C’est là qu’on s’est accordés sur les prénoms de Marie, d’André, d’Alexandre. Après, on a traversé la basilique antique puis nous sommes repartis en passant devant la cloche mémorial de la guerre de Crimée.
Puis nous avons regagné l’arrêt d’autobus où nous avons attendu longtemps car ils étaient tous pleins, pour nous rendre à la forteresse Malakhov. C’est devenu un beau parc avec de beau arbres. On a pris des photo de couples devant une vue de la baie puis on s’est fait photographier à notre tour. Il y a des batteries du siège de 1941 et des canons de celui de 1854 ainsi que la fameuse tour Malakhov qui fut prise d’assaut par les français. Dommage, encore une fois, que les gens laissent trainer les ordures tout autour d’un si beau parc.
Nous sommes rentrés à pied à l’appartement, ce qui représentait bien deux ou trois kilomètres. Ce fut une rude journée, mais très intéressante et très enrichissante pour nous deux.
J’oubliais qu’après s’être rafraîchis et changés, nous sommes allés en ville au restaurant où j’avais invité Natalie. Elle avait mis une très belle robe longue. Nous sommes donc arrivés au restaurant « Traktir » (le vieil homme) où Natalie connaissait le cuisinier. Après avoir fait la queue, nous avons fini par obtenir une table pour deux et nous avons mangé un plat de blinis délicieux et bu du muscat de Crimée (Mushkat). Le meilleur du monde ! Yves me l’avait dit avant de partir et j’ai pu vérifier que c’était vrai.
Après, nous nous sommes promenés en ville sur les bords de la rade, au milieu des fêtards. On est rentrés à l’appartement à la nuit qui tombe vite en Ukraine.
Jeudi 11 août
Le lever fut tardif. Après le petit déjeuner, toujours copieux (salade de légumes et viande farcie, thé ensuite), on est repartis pour quelques courses : la banque où on a finalement récupéré 200 euros, l’alliance française pour des renseignements, la mairie de quartier puis la mairie centrale sans y obtenir ce que nous souhaitions savoir. Alors, nous avons été au marché pour y faire des provisions. Au centre des nombreux étals, il y a un marché couvert, typique des pays de l’ex URSS, avec beaucoup de fruits et légumes, de charcuterie, de fromages et toutes sortes d’autres choses. On a acheté des poires, du raisin, du saucisson et du fromage.
De retour à l’appartement et après avoir aussi acheté une bouteille de muscat à la superette voisine, nous nous sommes reposés à la maison et fait un souper frugal avec de la pastèque au muscat. Dans la soirée, Natalie a fait du lavage et j’ai écrit la suite de ce journal.
Dans nos conversations, on a évoqué l’idée que notre rencontre avait quelque chose d’exceptionnellement romanesque et que cela pourrait faire le sujet d’un livre, ou d’un scénario de film. C’est une idée. J’ai commencé à y réfléchir et à la développer dans ma tête. On verra pour la suite.
Vendredi 12 août
Après un petit déjeuner sandwich saucisson accompagné de légumes râpés et de thé avec des fruits, particulièrement du raisin, nous sommes repartis en ville. Nous nous somme tout d’abord rendus à la mairie principale pour obtenir la liste des formalités pour un mariage. Puis nous sommes allés acheter des alliances et après une petite promenade, une visite du musée des beaux-arts où se trouvent quelques beaux tableaux, dont des peintres français du XVIII° siècle, on y a vu des sculptures microscopiques (de la taille d’un cheveu) visibles grâce à des sortes de microscopes. Il y avait par exemple une rangée de chameaux dans le chas d’une aiguille.
Ensuite, nous avons été visiter l’aquarium et nous sommes parti dans le quartier, près de Chersonèse, où habite Svetlana, la professeur de français de Natalie, avec qui nous avions rendez-vous. On a bien bavardé au sujet des opportunités en France et en Ukraine et on a sympathisé. Svetlana sera la bienvenue en France, à la maison, si l’occasion se présente.
Après avoir quitté Svetlana qui a un joli appartement typiquement slave, Natalie a téléphoné à sa fille pour qu’on se rencontre dans la soirée. Et puis, on a bu un verre de Kvas bienvenu car il faisait assez chaud et nous avons acheté des billets pour une excursion vers la propriété du comte Vorontzov, non loin de Yalta.
Alors nous avons repris un bus et après quelques courses au marché de Natalie, on est rentrés à l’appartement.
Olya devait venir vers 18 h 00. Natalie a préparé des frites aux oignons et divers plats. Cela pouvait paraître un peu trop copieux mais elle en avait prévu pour le petit déjeuner du lendemain.
Ce soir, j’ai mangé une poire délicieuse, particulièrement sucrée.
Olya est arrivée. C’est une jeune fille qui m’a semblé très épanouie et qui s’exprime plutôt bien en anglais. Elle était très intéressée par les brochures sur Caen et la région. On l’a reconduite ensuite à l’autobus. Le soir, il fait plus frais. C’est très agréable. Les gens se promènent volontiers en famille dans le quartier. On a donc fait comme eux.
Samedi 13 août
Lever 5 h 30, pour aller au rendez-vous de notre excursion à la résidence d’été du comte Vorontzov, non loin de Yalta. Finalement, on y arrivera une heure en avance et on s’est assis sur un banc en face de l’embarcadère de ferries qui traversent la rade. On y fera de savoureuses leçons de français coupées de parties de fou rire. Finalement, on embarque dans un grand bus à destination de la plus belle des excursions.
Première étape : le château de type anglais des indes du contes Vorontzov à Alupka. Il y a là un parc magnifique, un château exceptionnel et le cadre de la côte de la mer noire, fabuleux ! Ensuite, c’est le tour de Livadia, même cadre enchanteur. Visite de la résidence de la famille impériale et de la signature du traité de Yalta. On y trouve beaucoup de souvenirs de la famille de Nicolas II, des photos, du mobilier, des objets émouvants comme le tableau noir et les livres de lecture ou les cahiers d’écriture des enfants et particulièrement d’Alexis. Un livre de lecture en français, des dessins d’enfants, des porte-plume…
Troisième étape : Yalta où nous nous promenons librement sur le front de mer. C’est Cannes ou Nice au bord de la mer noire. On s’y sent presque comme dans un pays d’Europe occidentale. Il y avait une atmosphère de fête. un feu d’artifice était annoncé pour le soir. Un navire de la flotte ukrainienne, arborant son grand pavois, était ouvert à la visite. On trouvait beaucoup d’étals et d’attractions, par exemple la location de costumes XVIII° siècle pour se faire photographier dans des décors impériaux.
Nous sommes revenus à Sébastopol bien fatigués. Comme le bus passait juste devant l’immeuble de Natalie, il nous a laissés là. On est allés acheter du Muscat pour que j’en rapporte afin de le faire goûter à la famille ainsi que du champagne de Crimée pour conclure cette semaine inoubliable.
Dimanche 14 août
Les plus belles choses doivent avoir une fin. Le temps de la séparation approche. Il a fallu se lever à 3 h 30 et il faisait encore nuit. Pour la toilette, comme il y avait eu une coupure d’eau, il a fallu utiliser l’eau qui est toujours en réserve dans des faitouts pour se dépanner. De même pour le gaz. Un samovar électrique remplace la bouilloire pour chauffer de l’eau pour le thé.
A 4 h 30, notre chauffeur était ponctuellement au rendez-vous. C’était un vieux monsieur d’environ 70 ans qui devait être le père d’une amie de Natalie. La voiture, une Lada ou Jigouli un peu fatiguée. Comme à l’aller, la conduite est assez décontractée par rapport à nos règles de code de la route : pas de ceinture de sécurité, franchissement des bandes blanches, écarts brusques pour éviter des nids de poules… Pour le transport (aller-retour) j’ai donné 150 grivnas, ce qui est à peu près la même chose en francs et représente environ 20 euros pour 150 kilomètres.
Nous sommes arrivés dans les temps à l’aéroport où la séparation a été assez rapide. Je pense que Natalie ne tenait pas à prolonger ce moment et en plus, je suppose qu’elle ne voulait pas trop faire attendre notre chauffeur. On se retrouvera aussitôt que possible.
L’embarquement s’est fait sans problème dans un vieux Tupolev de South airlines, copie de la Caravelle avec des équipements spartiates fleurant bon les années 60. Toutefois, le vol a été parfait, même pas de turbulences, et ponctuel puisque l’avion était posé à 9 h 30 à Kiev. J’ai eu alors 5 h d’attente que j’ai occupées en partie à écrire ces lignes en dehors de l’aérogare, sous des arbres. La température de 23°c était agréable. Le ciel était toujours légèrement brumeux.
J’avais un pique-nique que Natalie m’avait préparé. Cela devait aussi m’occuper un peu mais je n’avais pas trop faim et j’en ai gardé la plus grand partie pour le cas ou j’aurais une petite faim dans le train en Fr et Natalie, comme toujours, m’en avait donné pour tout un régiment. J’ai trouvé ce temps de transit long.
Quand j’ai fait m’on enregistrement et que je suis passé dans la zone sous douanes, j’ai pu constater que les douaniers ukrainiens sont particulièrement stricts. J’ai été questionné pour savoir si j’avais beaucoup d’argent sur moi (une somme maximum est imposée). Le douanier paraissait sévère mais finalement, il a dû juger que je n’était pas un gros poisson et m’a laisser aller.
Arrivé à Paris, je savais que je n’avais pas beaucoup de temps pour attraper mon train à la gare Saint Lazare. J’ai donc pris un taxi qui ma coûté 42 euros mais qui m’a permis d’avoir mon train. Arrivé à Caen
Lundi 15 août
La recette du Kvas (квас)
Cette boisson russe très populaire que l’on vend dans des tonneaux métalliques à tous les carrefours en été possède des vertus rafraîchissantes et un petit goût aigrelet qui peut surprendre les palais français. On peut en trouver en bouteilles dans certains magasins, mais il est, malheureusement trop sucré.On peut le conserver assez longtemps au frais.
Pour une quantité de 8 litres :
Une miche de pain noir (de seigle) 60 gr de levure de boulanger ½ verre de sucre en poudreCoupez le pain en tranches fines et mettez-le au four très chaud. Plus le pain sera rôti à l’extérieur, plus le kvas sera foncé. S’il est trop cuit le kvas sera amer. Le pain doit rester tendre à l’intérieur pour donner un arôme agréable.Faites bouillir les 8 litres d’eau et mettez-y le pain et le sucre. Quand l’eau aura refroidi, ajoutez la levure et laissez fermenter.A la température de la maison le kvas sera prêt en 2-3 jours. Filtrez le liquide et versez-le dans des bouteilles en plastique. Sucrez à votre goût. Si les bouteilles sont laissées au chaud la fermentation se poursuivra et le kvas deviendra plus acide. Au réfrigérateur la fermentation est très ralentie et vous aurez une conservation de quelques jours.On peut ajouter dans chaque bouteille un peu de sucre et 4-5 grains de raisin sec.Soyez prudent en ouvrant les bouteilles sinon gare au jet !
[1] Boisson nationale très populaire en Ukraine et en Russie. Elle est faite à base de pain fermenté.

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